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Il s’agissait d’invasion.
L’armée forte, avec tout son équipement sophistiqué, écrasait la ville ennemie. Elle la mettait à feu et à sang. On n’entendait que grondement et roulement. On dirait un tonnerre.
L’armée se déchaînait. Les incendies ravageaient tout sur leur passage. On ne voyait que des fumées opaques, compactes, s’étirer lourdement dans l’air, comme si elles prenaient quelques butins dans leur opacité.
Les habitants fuyaient dans une panique affolante. Ils criaient à tue-tête pour se retrouver, pour chercher les leurs. Les petits enfants abandonnés étaient happés par des bras inconnus, il fallait les sauver.
Les chats et les chiens se blottissaient dans les coins de rue afin d’éviter le malheur. Les portes des maisons restaient ouvertes. Sauve qui peut. Personne ne faisait attention à rien. On voulait survivre, dans l’espoir de raconter cette sauvagerie, cette atrocité aux petits enfants d’une autre génération.

Des véhicules cachés à quelques kilomètres de là, attendaient les déshérité, ceux qui avaient la chance d’arriver, de monter et de voir ce moyen démarrer et s’éloigner de l’enfer. C’était le seul but pour tous les fuyards.
Certains se sont éloignés et de loin ils entendaient encore quelques détonations d’armes à feu. Ils étaient sauvés. Ils étaient citoyens de droit, bénéficiant de tous leurs droits de citoyenneté.

Maintenant leur nature a changé. Ils deviennent réfugiés et de là, ils perdent tout, même leur personnalité. Ils deviennent objets à transporter, à mettre sous des tentes, à guider suivant la volonté du plus fort.
D’autres pays s’apitoient sur leur sort, leur envoient quelques vivres. Mais ce n’est jamais comme sous son propre toit.

Le sens de la vie en famille, la chaleur humaine ont disparu. Même l’or du monde ne peut remplacer le rire d’un enfant en famille, le sourire d’une grand mère, la caresse tendre d’une maman. Ce n’était pas suffisamment chaud pour que cela remplace la chaleur humaine perdue.

Kerma






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